Fréquentation record, clubs ambitieux, animations sur le terrain et dans les tribunes : tous les ingrédients semblent réunis pour faire du premier match de L 1 de l'histoire au Stade de France une réussite populaire.
LES CH'TIS débarquent à Saint-Denis ! Pour accueillir le sextuple champion de France lyonnais, Lille a en effet opté pour le Stade de France, où il a vécu quelques belles heures en Ligue des champions. Au-delà de l'enjeu sportif, le premier match de Ligue 1 dans l'enceinte dionysienne prendra des accents festifs en présence d'un public nombreux.
Une affluence record sur fond de grogne.
La plus grosse affluence en Ligue 1, réalisée lors de Marseille - Lyon en août 2005 (57 609 spectateurs), va être pulvérisée (hier, plus de 77 000 personnes étaient attendues). Au SDF, le Losc possède un autre record hexagonal, en Coupe d'Europe, avec 76 184 spectateurs pour la venue du Benfica Lisbonne en Ligue des champions, en 2005. En revanche, des abonnés lillois disposant d'une place n'iront pas à Saint-Denis afin de protester contre la délocalisation à 200 km du Stadium Nord d'une des affiches de la saison. Le groupe historique ultra des Dogues Virage Est a ainsi choisi de boycotter la « réception » de Lyon. Le Losc avait pourtant décidé de transporter gratuitement ses fidèles.
Une invitation payante. « Invités » par le consortium du SDF à fêter le dixième anniversaire de l'enceinte, les dirigeants lillois ont accepté, même si les coûts de location restent à leur charge (environ 500 000 ¤). « Notre ambition était d'atteindre 60 000 spectateurs. On a pris de l'avance par rapport à notre Grand Stade (livré en 2012) », souligne Jérôme Lestir, le directeur marketing. Globalement, le chiffre d'affaires engendré par la rencontre est égal à celui de cinq matchs à Villeneuve-d'Ascq, pour une marge inférieure. Les deux tiers de la recette serviront ainsi à couvrir les coûts d'organisation. En filigrane, ce match s'inscrit dans la lutte amicale que se livrent Michel Seydoux, le président lillois, et son frère Jérôme, actionnaire majeur de l'OL, au sujet du leadership national dans les années 2010, objectif avoué du Losc.
Le Losc façon Stade Français. La soirée débutera par la distribution de 10 000 lots aux couleurs du Losc et du Stade de France. Elle se poursuivra sur la pelouse avec un concert de gospel, une démonstration de pompom girls et les riffs endiablés de Louis Bertignac. Pyrotechnie et mise en scène impressionnante viendront conclure la soirée. « Ça bouge les moeurs, enchaîne Claude Puel. Ce n'est ni plus ni moins qu'une organisation comme on en voit aux Etats-Unis ou à l'étranger. Ça doit devenir comme ça en France, on en a besoin. C'est bien qu'il y ait ce côté festif. Un match est un moment familial intéressant à passer. »
Des joueurs partagés. Les Dogues se réjouissent d'évoluer à Saint-Denis. Mais ils songent aussi à leur situation délicate (14es de L 1). Néanmoins, Lille reste l'équipe de l'élite la plus difficile à manoeuvrer. « On a un métier extraordinaire. On est faits pour vivre ces matchs-là », assure Franck Béria. Quant au capitaine Grégory Tafforeau, il se montre franc : « Lyon et le Stade de France, où on a vécu de belles émotions, c'est motivant. Lyon, c'est déjà une réception difficile. Là, on n'a pas vraiment de repères, Lyon pas plus. C'est un contexte extraordinaire, mais ça reste à double tranchant. »
* La rencontre n'a pas été classée à risques. « Il n'y a pas de contentieux entre les deux équipes et nous n'avons pas d'informations sur l'organisation d'un fight (NDLR : combat de rue) en marge du match », a expliqué Michel Lepoix, responsable pour la sécurité du football au ministère de l'Intérieur.